Identitovigilance : pourquoi le nettoyage de votre base patients est un prérequis au Ségur?

Le Ségur Vague 2 impose une accélération brutale : pour toucher vos financements, vous devez alimenter « Mon Espace Santé ». Mais saviez-vous qu’un simple doublon dans votre Gestion Administrative des Malades (GAM) peut gripper toute cette mécanique? Voici pourquoi le nettoyage de votre base patients n’est plus une option, mais une urgence.

Le calendrier est fixé : les échéances pour la Vague 2 du Ségur numérique s’étalent sur 2025 et 2026, avec des exigences renforcées pour l’alimentation du Dossier Médical Partagé (DMP). Pour les Directeurs des Systèmes d’Information (DSI) et les responsables des admissions, l’équation est simple : pas d’alimentation DMP sans Identité Nationale de Santé (INS) qualifiée, et pas d’INS qualifiée sans une base de données saine.

Qualification INS : comprendre le verrou technique

Pour répondre aux indicateurs SUN-ES (Ségur Usage Numérique) et débloquer les financements forfaitaires, votre établissement doit envoyer massivement des documents (ordonnances, comptes-rendus) vers l’espace santé du patient.

Cependant, le référencement de ces données exige une sécurité absolue sur l’identité. Vous ne pouvez plus utiliser votre identifiant local. Vous devez utiliser l’INS qualifiée, obtenue via le téléservice INSi de l’Assurance Maladie.

Le piège est technique : pour qualifier une identité, le logiciel doit comparer les « traits stricts » de votre base locale (Nom de naissance, Prénom, Date de naissance, Sexe, Lieu de naissance) avec la base nationale. La moindre discordance — une faute de frappe sur un prénom, un code commune erroné — et le téléservice rejette la qualification ou renvoie « Aucune identité trouvée ». Sans cette qualification, vos flux vers le DMP sont techniquement rejetés, et vos compteurs d’usage restent à zéro.

Doublons et collisions : les ennemis invisibles de votre financement

Au-delà de la technique, c’est la qualité historique de vos données qui est en jeu. Les audits montrent souvent que les bases hospitalières contiennent 5 à 10% de doublons (deux dossiers pour le même patient) ou, pire, de collisions (les données de deux patients mélangées dans un seul dossier).

  • Le risque Doublon : si M. Martin a deux dossiers actifs, sur lequel allez-vous récupérer l’INS? Si vous qualifiez l’un mais pas l’autre, vous fragmentez le parcours de soin et créez des incohérences dans l’alimentation du DMP.

  • Le risque Collision : c’est le danger absolu pour la sécurité des soins (erreur de groupe sanguin, d’allergie). Le RNIV (Référentiel National d’Identitovigilance) interdit formellement de qualifier une identité en cas de doute.

Pire encore, l’Agence du Numérique en Santé (ANS) précise que le versement du solde des financements SONS (Système Ouvert et Non Sélectif) peut être bloqué après vérification de l’existence réelle d’appels à INSi. Une base polluée qui empêche les appels fructueux met donc directement en péril votre retour sur investissement.

Nettoyage de la base patients : une méthodologie en 3 temps

Pour ne pas subir le calendrier Ségur, le nettoyage doit être traité comme un projet à part entière, piloté par la cellule d’identitovigilance.

  1. L’Audit à blanc : avant même d’installer la version Ségur de votre GAP (Gestion Administrative du Patient), lancez un script d’audit pour identifier les doublons potentiels (algorithmes phonétiques) et les dossiers incomplets (absence de lieu de naissance, prénoms composés mal saisis).

  2. Le traitement des « Flottants » : vous possédez sans doute des milliers de dossiers inactifs depuis plus de 10 ans. Faut-il les qualifier ? La stratégie recommandée est souvent de les archiver ou de les exclure du périmètre de qualification initial pour concentrer l’effort sur les patients actifs (« file active »).

  3. La formation au guichet : le logiciel hospitalier ne fait pas tout. La qualification INS exige une vérification stricte de l’identité du patient face à une pièce d’identité officielle (CNI, Passeport). Vos agents du bureau des entrées sont la première ligne de défense contre la création de nouveaux doublons.

Objectif Ségur : suggestion de 4 étapes pour nettoyer votre base patients

Les étapes pour le nettoyage de votre base de données Segur

Conclusion : l’Identitovigilance est votre assurance-vie Ségur

Considérer le nettoyage de la base patients comme une simple tâche administrative est une erreur stratégique. C’est un prérequis structurel. Une base propre fluidifie l’appel au téléservice INSi, sécurise l’atteinte des cibles SUN-ES et, in fine, garantit le versement de vos financements.

N’attendez pas la date butoir de 2026. L’appropriation du RNIV et la fiabilisation de vos données doivent commencer dès aujourd’hui pour transformer la contrainte réglementaire en opportunité de qualité pour vos soins.

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